Le chauffage: mieux habiter pour moins chauffer

By | 31 mai 2014

Avant même de se poser la question de la méthode de chauffage, il faut déjà comprendre ce que l’on veut chauffer: Quelle surface ? Quel volume Quel usage ? La recherche de calories ne sera jamais la même selon les contextes.
Avant de nous plonger dans l’univers merveilleux des feux de bois et du confort thermique, attardons-nous un peu sur le bâti et ses performances. Alors qu’une nouvelle réglementation thermique impose désormais le niveau Basse Consommation à toutes les constructions neuves, où en est le secteur pour le reste des logements individuels existants déjà ? Que représentent les besoins en chauffage aujourd’hui et surtout quels sont les moyens de les réduire notablement ? C’est à toutes ces questions que nous vous proposons de répondre, avant de vous présenter toutes les dernières innovations en matière de confort thermique. Avant d’entrer dans la maison, commençons par en regarder l’enveloppe.

Unités de mesure de calories

L’unité permettant de quantifier les calories fournies par un appareil de chauffage est le watt (W) ou le kilowatt (KW) pour les plus puissants d’entre eux. Le rendement est le pourcentage de chaleur restituée par rapport à l’énergie primaire consommée ; plus ce chiffre est élevé, plus l’appareil est efficace et économique à l’usage.
Rien ne sert de courir, il faut partir à point. Ce proverbe plein de bon sens se vérifie plus que jamais en matière de chauffage. Le constat est simple : le prix des énergies traditionnelles ne cesse d’augmenter, l’électricité, le gaz, le pétrole.
Alors comment s’y prendre pour faire baisser ses factures de chauffage dans un tel contexte ? Si la première idée est de s’attaquer directement au système de chauffage, en changeant de chaudière par exemple, ce n’est pourtant pas forcément la meilleure solution.
Même si les appareils actuels ont fait d’énormes progrès et parviennent à mieux exploiter l’énergie pour chauffer le logement en consommant moins, il s’agit de faire les choses dans l’ordre et de penser à plus long terme. Parce qu’il ne servirait à rien de mettre une chaudière ultra performante dans une maison ouverte aux quatre vents, il convient en premier lieu de s’attaquer à la racine du problème : l’enveloppe du bâtiment.

Poêle Bois

Poêle Bois

Construction ou rénovation

Si vous cherchez à faire construire, la réglementation thermique en vigueur balisera votre projet. Si elle ne privilégie aucune solution constructive, elle impose toutefois d’atteindre un certain seuil de performance obligatoire. Ainsi la consommation de votre logement ne devra pas excéder 50 kWh d’énergie primaire par m2 par an. Peu importe le moyen d’y parvenir, tant que le bilan thermique final est inférieur à ce chiffre. En rénovation, c’est le contraire. Aucun score spécifique n’est visé, mais les moyens de procéder sont encadrés par des performances minimales de tout élément ou matériaux remplacé ou installé.

Les murs, un système de chauffage

Dans un bâtiment mal isolé, les déperditions thermiques par les façades peuvent atteindre jusqu’à 25 %. C’est pourquoi c’est une partie de l’enveloppe qu’il est particulièrement fondamental de protéger. L’ossature, le squelette du bâtiment n’a aucun impact sur ses performances thermiques, seule compte la composition des murs. En construction, la liberté est totale tant que l’édifice parvient à atteindre le niveau imposé de performance globale.
Certains matériaux de structure présentent de meilleures performances thermiques que d’autres, il est donc possible de les choisir selon ce critère dans la limite des règles d’urbanisme locales. Ainsi, des murs en béton cellulaire seront bien plus isolants par nature que dans leur version traditionnelle. Mais là encore, rien n’est impossible à qui sait s’y prendre car quelle que soit la solution choisie pour constituer les murs, c’est leur isolation qu’il faudra soigner.
C’est exactement la même affaire avec la rénovation, sauf qu’à moins de casser les murs, on ne pourra en choisir la composition de structure. Il faudra jouer avec une partition imposée même si rien n’est gravé dans le marbre, puisque c’est là encore l’isolation de la façade qui prime. Il s’agit de renforcer pour permettre aux murs d’atteindre une certaine résistance thermique par l’ajout d’un matériau isolant. En rénovation, on préconise d’atteindre une résistance de 2,3 m2 K/W, mais un logement vraiment bien isolé devra viser 4 m2 K/W.
chaudère-fioul
Cette information permet de connaitre quelle épaisseur d’isolant est à mettre en œuvre, en fonction de la conductivité thermique (lambda) de celui-ci. Un mur ayant 2 faces, il est possible de l’isoler de l’un ou l’autre de ses côtés. A l’intérieur, la méthode est moins coûteuse à mettre en œuvre car elle ne suppose aucune maçonnerie. Il suffira simplement de refaire les cloisons intérieures après la pose de l’isolant.
Ces nouvelles lames de bardage extérieur en fibres-ciment sont performantes, esthétiques et aussi faciles que rapides à poser. Elles apportent un rendu naturel tout en possédant des qualités exceptionnelles de durabilité et d’isolation.
Elle est particulièrement indiquée en rénovation, lorsque l’on veut préserver une belle façade en pierre par exemple. Toutefois cette méthode ne protège pas l’enveloppe du bâtiment dans sa globalité et oblige à intervenir pièce par pièce, sans traiter les planchers et plafonds. De plus elle oblige à trouver une solution pour vivre pendant les travaux qui pourront durer plusieurs semaines. Enfin elle rognera forcément sur l’espace habitable du logement en diminuant le volume intérieur.
La méthode la plus efficace consiste donc à isoler par l’extérieur toute l’enveloppe du bâtiment, aussi bien les murs que le toit. Cela permettra de réduire les ponts thermiques générés à la jonction des pièces ou des niveaux du bâtiment. Plus coûteuse à mettre en œuvre, elle implique de prévoir un bardage extérieur qui viendra couvrir l’isolant (recouvert d’un pare vapeur) et servir de matériau de façade à l’édifice. En bois, en briques, en ardoises ou même en métal, de nombreuses solutions existent en fonction de l’esthétique recherchée et du budget. Cela reste toutefois la solution la plus efficace et la plus pérenne pour garantir les meilleures performances thermiques à votre logement. Particulièrement préconisée dans le neuf car elle est plus facile- ment mise en œuvre lorsque l’édifice est à nu, elle peut parfaitement s’envisager en rénovation, notamment si l’on souhaite préserver les murs intérieurs, à condition que les règles locales d’urbanisme le permettent.

Le toit, un chauffage performant

Comme avec les murs, il y a deux façons de s’y prendre pour isoler un toit. Par l’intérieur, la technique compte néanmoins une variante selon que vous occupiez ou non les combles du bâtiment. Si cette partie du logement est habitée, il faudra appliquer les mêmes méthodes que pour l’isolation des murs par l’intérieur, avec les mêmes résultats. Mais si les combles sont inhabités, il est alors possible de les isoler par soufflage de l’isolant en vrac, une méthode particulièrement efficace à moindre coût puisqu’elle est mise en œuvre par une simple machine qui répartit directement le matériaux sur le plancher situé sous la toiture.
Mais le résultat le plus performant reste encore une fois l’isolation par l’extérieur. Et là encore, pour des questions de coût, elle reste spécialement indiquée lors de la construction où elle sera plus facilement mise en œuvre.
En cas de rénovation, mieux vaut la coupler avec l’installation complète d’une nouvelle toiture, à moins qu’elle ne soit plate ou puisse être bardée. En effet, qu’elle soit en ardoises ou en tuiles, il sera plus coûteux de démonter soigneusement une toiture en place pour la remonter ensuite que d’en installer directement une nouvelle. On considère que dans un logement mal isolé, entre 30 et 40 % des déperditions thermiques se font par le toit. Pour cette raison, la résistance thermique à atteindre est supérieure à celle des murs. En rénovation, le niveau réglementaire est de 4,5 m2 K/W, mais les professionnels n’hésitent pas à viser jusqu’à 8 m2.K/W. Cela revient à prévoir une épaisseur d’isolant plus importante que celle des murs.

Les fenêtres, un chauffage adapté à vos besoins

Derniers éléments de l’enveloppe d’un bâtiment, les ouvertures sont des armes à double tranchant. Ainsi les surfaces vitrées d’un logement peuvent générer un apport solaire non négligeable dans ses besoins énergétiques. Toutefois la météo étant capricieuse et les saisons variables, il faut également veiller à respecter certaines performances et précautions de mise en œuvre pour en tirer le meilleur parti. Il faut d’abord noter que la réglementation actuelle impose de mettre en œuvre des vitrages dont la résistance thermique doit être au moins égale à 2W/m2.K. Des chiffres qui montent à 2,3 pour l’ensemble de la fenêtre et 2,6 s’il s’agit d’une baie vitrée.

Fenêtre

Fenêtre

Si la plupart des menuiseries à double vitrage atteignent sans problème de tels scores, il est possible d’aller encore plus loin en installant des modèles plus performants.
Pour respecter l’aération du logement, les nouvelles fenêtres doivent être munies d’une entrée d’air, sauf s’il en existe au niveau des murs (grilles d’aération) ou si le logement dispose d’un système de ventilation double-flux.
Enfin, si la protection contre le froid est primordiale en hiver, il faut aussi penser à l’été où des surfaces vitrées mal exposées peuvent transformer le logement en véritable serre. Pour cela, il convient non seulement de les équiper de stores et de volets, mais aussi de prévoir des brise-glaces qui éviteront au soleil de taper dans les vitres aux heures les plus chaudes de la journée. Pour éviter des déperditions de chaleur au niveau des coffres de volets roulants, ceux-ci doivent être isolés. On considère qu’une isolation d’au moins 1 cm sur les faces intérieures du coffre satisfait à cette règle.

Le sol, un chauffage important et disponible pour tous

Dernier point, souvent méconnu mais néanmoins important, les déperditions par le sol peuvent atteindre jusqu’à 20 % dans un logement mal isolé. En construction, il est recommandé de profiter de l’excavation du sol pour y mettre en œuvre une solution isolante directement sous le plancher. En rénovation, la solution la plus fréquente consiste à agir par la cave ou le vide sanitaire, à condition toutefois d’en avoir un. Si vous n’avez pas accès au-dessous de votre plancher, il conviendra de le traiter par-dessus, quitte à perdre quelques centimètres sous plafond.

La ventilation, un chauffage à ne pas négliger

Une fois toutes ces précautions mises en œuvre, le bâtiment est parfaitement isolé et parvient à conserver la chaleur (ou la fraîcheur le cas échéant). Mais, il faut toutefois que l’air circule, pour votre survie comme pour celle de votre logement. Pour éviter d’accumuler un air saturé en carbone, mais aussi en humidité, il s’agit alors de le renouveler sans pour autant gaspiller les précieuses calories. Le moyen le plus efficace est d’installer une VMC (Ventilation mécanique contrôlée) double flux.

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